Dans le petit village de Montferrer, perché à 830 mètres d’altitude dans le Vallespir, la tradition du cochon est bien vivante. Sur le roc « Lo Cingle » et en souvenir de la matança, le dimanche 23 mars, la deuxième édition de la fête du cochon va réunir habitants et curieux autour d’un rituel ancestral : la fabrication artisanale de saucisses et de boudin. Un moment de transmission et de convivialité qui fait revivre une pratique autrefois essentielle à la vie paysanne dans le Roussillon.
Un savoir-faire remis au goût du jour
Dès 9h, Georges, maître de la découpe et son équipe, entreront en action sous le préau non loin de la mairie. Devant le public, ils transformeront une carcasse de cochon de 100 kg en saucisses et boudins, qui seront vendus sur place à 10 €/kg. Un travail minutieux où chaque geste compte : découpe précise, assaisonnement traditionnel, embossage à la main…

Avec de la poitrine et de la gorge du cochon, ils vont confectionner la traditionnelle saucisse catalane et de la saucisse au Roquefort. Pour les boudins, ce sera la recette à l’oignon et la recette catalane pour la boutifare.

« C’est un savoir-faire qui se perd et qu’on veut transmettre », explique Laurent Sabatier, président du comité des fêtes.
Et du savoir-faire, il y en a à Montferrer. Thibault Gonzales y est éleveur de cochons avec plus de 150 bêtes en agriculture biologique. Il est aussi présent à Thuir où en tant que boucher-charcutier, il a été sacré Champion du Monde de saucisse catalane en 2022. Même s’il n’est pas directement impliqué dans cette fête du cochon, cela démontre au combien dans la zone du Vallespir le porc est important. Il y a plusieurs décennies, le cochon y était tué en janvier – février pour la préparation et la conservation de la viande. C’est ce rituel que célèbre ce rendez-vous annuel.
Autre star gourmande de la journée à Montferrer : l’ouillade, ce plat typique catalan à base de légumes et de viande, mijoté au feu de bois par Bruno et ses amis. Un concours du meilleur aïoli viendra compléter cette immersion gourmande, où chacun pourra tenter de reproduire la recette traditionnelle.
Une ambiance festive et authentique
Au-delà du plaisir gustatif, la fête du cochon est une véritable célébration de la culture locale. L’événement, porté par l’association Fem Festa, mêle traditions et rencontres intergénérationnelles. « Qui dit cochon, dit ouillade, qui dit saucisse et boudin dit aïoli, qui dit fête dit ambiance populaire ! » s’amuse Laurent Sabatier.
La musique sera aussi au rendez-vous avec Julio Léone et ses musiciens, et les visiteurs pourront découvrir des objets anciens liés à la transformation du cochon, comme la pastera (grand plat en bois) et le parol (grande bassine). Des animaux de la ferme seront également présents, pour une fête ancrée dans l’authenticité rurale.
Une tradition qui séduit de plus en plus
L’an dernier, plus de 90 convives s’étaient réunis pour partager une ollada généreuse, preuve de l’engouement autour de cet événement. Fort de ce succès, Montferrer espère attirer encore plus de participants cette année. Et le succès sera sans aucun doute au rendez-vous. Toutes les réservations pour l’ouillade ont déjà été prises !
Entre démonstrations artisanales et plaisirs gourmands, la fête du cochon s’impose comme un rendez-vous incontournable du printemps dans le Vallespir. Une belle manière de remettre au goût du jour des gestes d’autrefois… et de repartir avec de savoureuses saucisses sous le bras !
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