Depuis plus de 27 ans à Pontivy, dans le Morbihan, la charcuterie Le Lavandier s’impose comme une référence dans l’univers du cochon. L’une de leur création vedette : la saucisse Moc’hto, inspirée de la célèbre Morteau, mais avec une touche bien bretonne.
Une Morteau bretonnisée… et adoptée sous un autre nom
« À l’origine, on voulait que son nom se prononce ‘morto‘ (mɔʁ.to), pour évoquer la Morteau, mais sans empiéter sur son appellation protégée. On a donc cherché une prononciation bretonne », explique Julie Mingam, la cogérante de la charcuterie Le Lavandier. En breton, le « ch » se prononce « r », d’où l’idée de nommer la saucisse « Moc’hto ». Mais le public s’est rapidement approprié un autre nom : « Tout le monde l’appelle ‘Mochto’ (mɔʃ.to) ! », sourit-elle.
Derrière ce nom atypique se cache une saucisse fumée à cuire, embossée dans un boyau naturel et dotée d’une couleur ambrée grâce à un fumage au bois de hêtre. « Son aspect est l’un de ses atouts, mais c’est surtout sa texture moelleuse et souple qui séduit », précise Julie.
Morteau versus Moc’hto
Si bien évidemment elle ressemble fortement à une Morteau, la saucisse de Moc’hto a de véritables différences. Visuellement, elle n’a pas de cheville de bois à son extrémité. 100% pur porc, elle est fumée au bois de hêtre alors que c’est du résineux dans les tuyés de l’Est pour sa cousine franc-comtoise. Enfin, et c’est le plus important, le goût. Il est moins prononcé que pour une Morteau.
Julie Mingam suggère de manger la saucisse Moc’hto avec une tombée de poireaux en la coupant en tranches épaisses. Elle peut aussi se déguster à l’apéritif, chaude, avec un peu de moutarde.
Une médaille d’or et une d’argent pour une recette de caractère
La qualité de cette saucisse n’est pas restée dans l’ombre. En 2022, la Moc’hto décroche une médaille d’or au Concours Général Agricole. Et en 2025, une médaille d’argent dans la catégorie « saucisse fumée gros hachage à pocher ». Le jury a souligné son bel aspect, son fumage marqué, sa bonne odeur de bois et une mâche très agréable.
Cette reconnaissance récompense une recette aux arômes riches et complexes. La saucisse Moc’hto est composée de viande et gras de porc, relevés par du vin rouge, du porto, de l’ail, du sucre, du poivre, de la muscade et du cumin. Le tout est embouti dans des boyaux naturels, puis fumé au bois de hêtre lentement, pour développer toutes ses saveurs. Seul additif : le sel nitrité, utilisé comme conservateur.
Un élevage en circuit court et une fabrication artisanale
Le Lavandier transforme environ 6 500 porcs chaque année. Tous proviennent de l’élevage familial situé à Pleugriffet dans le Morbihan. Cette exploitation est tenue par les enfants du couple fondateur du Lavandier. Cette maîtrise de la filière garantit une traçabilité complète et une stabilité gustative, essentielle pour les produits maison. « les porcs sont nourris à 80 % avec les céréales produites sur l’exploitation », souligne Julie Mingam. Un atout précieux pour assurer une viande colorée, saine et goûteuse.
Avec une quarantaine de salariés, l’atelier Le Lavandier de Pontivy repose sur un savoir-faire artisanal rigoureux. « Chaque produit passe entre les mains de plusieurs personnes. Du hachage à la cuisson, on veille à chaque détail », précise l’équipe menée en couple par Julie Mingam et Pierre Hombron depuis une quinzaine d’années. Ce sens de la rigueur est partagé par tous, de la cuisson à la production avec un fort suivi qualité.
Avec le slogan « 100% breton, 100% maison » chaque récompense obtenue en concours représente « une reconnaissance et un gage de qualité », reflet du travail collectif mené chaque jour.
Une tradition revisitée avec créativité
Si la saucisse Moc’hto incarne l’excellence, elle n’est pas un cas isolé. Le Lavandier imagine chaque mois de nouvelles recettes de saucisses, sur une base de saucisse de Toulouse. Parmi elles : la « vigneronne » (vin rouge, échalotes, ail et poivre blanc), « l’ambertine » (fourme d’Ambert, figues, porto rouge) ou encore la « Margarita » (tequila, lime, coriandre grillée fraîche).
« On veut bousculer l’image un peu vieillotte de la saucisse », explique Julie Mingam, la cogérante de l’entreprise. Et les clients adhèrent : certaines recettes deviennent des incontournables, comme la « New York » au cheddar, ail frais, oignon rissolé et un peu de piment.
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