Le 6 décembre, la 29ème édition de la fête de la saucisse à l’alambic prend place à Saint-Chef, en Isère. Un événement emblématique qui réunit chaque année près de 2000 personnes autour d’une tradition viticole et culinaire unique.
La cuisson de la saucisse à l’alambic
Ce qui distingue cette fête, c’est la cuisson originale des saucisses dans un alambic. Lionel Navarro, président de l’association organisatrice, explique : « Les saucisses sont cuites dans des sacs en tissu, directement dans l’alambic. Les restes des grappes de raisin, issus de la vendange, sont distillés et parfument la saucisse, lui donnant une saveur incomparable. » Une méthode qui fait appel à la vapeur de raisin, qui s’évapore à haute température pour imprégner la viande d’arômes subtils.

Chaque année, environ 5500 saucisses sont préparées de cette façon. Les saucisses sont cuites pendant 35 minutes à une température élevée dans l’alambic. Cela permet aux saveurs de la grappe de raisin de pénétrer la viande et de lui apporter une note délicate et originale. « On veut que la cuisson se fasse en douceur, sans que l’assaisonnement ne domine », précise Lionel.
Une saucisse spécifique
Les saucisses utilisées pour l’événement sont simples et peu assaisonnées, pour que les saveurs de la cuisson à l’alambic soient pleinement présentes. De la taille d’un diot, elles pèsent entre 90 et 100 grammes et sont conçues pour se marier parfaitement avec les arômes du raisin. « L’objectif est de ne pas altérer le goût naturel du produit. Nous cherchons une saucisse aussi sobre que possible », explique Lionel Navarro. Ces saucisses sont préparées en collaboration avec le boucher de la Maison Carrel à Lièvre-sur-Amby, dans le Nord-Isère. Cette entreprise iséroise est spécialisée dans la transformation de viande bovine et porcine.
Des saucisses composées de poitrine de longe et de poitrine cutter. L’assaisonnement, discret en goût, est resté le même depuis des années. Ajoute de sel fin, poivre, dextrose et pulpe d’ail. Pas besoin de sel nitrité puisque qu’entre la production et la cuisson, il n’y a que 3 à 4 jours. Après embossage, dans des boyaux similaires à ceux utilisés pour des diots, ces saucisses sont étuvées. Cela facilite grandement la tenue du produit durant la cuisson à l’alambic.

Le raisin utilisé pour la cuisson provient des vendanges du domaine Noël Martin, principalement du chardonnay, qui est distillé à haute température pour créer le marc. C’est lui qui donne à chaque saucisse son goût particulier.
Dégustation sur place ou vente à emporter
Après cuisson, les saucisses peuvent être mangées sur place sous le chapiteau monté sur l’ancien terrain de tennis de Trieux, hameau de Saint-Chef. Elles sont proposées avec du pain.
Il y a aussi la possibilité d’acheter les saucisses à emporter.
29ème édition de la fête de la saucisse à l’alambic
Créée par le domaine Noël Martin qui s’est associé à Serge Perticoz et au domaine Gonin, cette fête a vu le jour dans un contexte bien particulier. À l’époque, l’idée était de financer l’achat de fusées anti-grêle pour protéger les récoltes de raisin. Depuis, l’événement est devenu un rendez-vous incontournable des balcons du Dauphiné, célébrant les traditions agricoles et viticoles locales.
Une fête solidaire
Aujourd’hui, l’objectif a évolué. Cette fête annuelle, toujours organisée par l’Association de défense des traditions viticoles et agricoles, soutient des associations œuvrant dans la défense des valeurs agricoles, viticoles et maraîchères.
Pour cette édition 2025, c’est le CAD qui est à l’honneur. Le Conseil de l’Agriculture Départemental est une association qui vient en aide aux exploitants agricoles.
La fête de la saucisse à l’alambic continue ainsi de faire vivre une tradition, de rassembler les habitants des villages alentours et de célébrer le savoir-faire local autour d’une cuisson unique. Un véritable moment de partage et de gastronomie à ne pas manquer.

Laisser un commentaire