La saucisse bèglaise de la boucherie Moreira

À Bègles, cette saucisse inspirée du rugby devient un phénomène local

À Bègles, un boucher-charcutier revisite la saucisse de Toulouse avec humour et passion. Baptisée “saucisse bèglaise”, cette création locale, inspirée par le rugby et l’UBB, séduit autant par sa simplicité que par son clin d’œil savoureux à une rivalité bien connue avec Toulouse.

À Bègles, aux portes de Bordeaux, une saucisse fait parler d’elle autant pour son goût que pour son nom. Imaginée par Enzo Moreira, artisan boucher-charcutier et fervent supporter de l’Union Bordeaux Bègles, la “saucisse bèglaise” s’est imposée en quelques mois comme un produit signature… avec une bonne dose d’humour et de rivalité rugbystique.

Une idée née entre vitrine et tribunes

À l’origine, rien de très marketing. Juste un constat simple : “On avait un peu de mal à vendre les grosses saucisses plutôt que les fines.” Face à cette difficulté, Enzo Moreira cherche une idée pour se démarquer. Et c’est du côté du rugby que la solution apparaît.

Supporter assumé de l’Union Bordeaux Bègles, il décide de détourner la célèbre saucisse de Toulouse.

“Je me suis dit que ça pouvait être sympa de faire un clin d’œil à la ville et au club.” L’idée est aussi simple qu’efficace : barrer le mot “Toulouse” et le remplacer par “bèglaise”. Résultat immédiat : une identité forte, un produit qui attire l’œil… et des clients qui adhèrent. “Aujourd’hui, elle plaît, on nous en parle tout le temps.”

L'étiquette de la saucisse bèglaise avec le logo de l'UBB
L’étiquette de la saucisse bèglaise avec le logo de l’UBB (C) FF

Une recette simple, mais exigeante

Derrière le clin d’œil, la recette reste fidèle à l’esprit des grandes saucisses traditionnelles. Ici, pas d’artifice : “C’est du sel, du poivre et de l’ail, c’est tout.” La viande, elle, est soigneusement sélectionnée : principalement de la longe de porc, parfois un peu de poitrine, issue d’un porc de Niort “très bien formé, sans OGM”.

Un choix assumé, presque militant, dans un marché où certaines préparations peuvent accumuler additifs et ingrédients superflus. “On a voulu faire quelque chose de très simple et finalement de bon.” Le hachage, réalisé sur une grille de 6, et le boyau choisi permettent d’obtenir une saucisse généreuse, à la fois ferme et savoureuse.

En coulisses, c’est Simon, “le maître saucisse”, qui assure la production au quotidien, gage de régularité et de savoir-faire.

À la braise, à la poêle ou en cocotte : une saucisse polyvalente

Côté dégustation, la saucisse bèglaise se prête à toutes les envies. À la braise, elle révèle toute sa gourmandise, avec ce léger gras qui nourrit le goût sans excès. À la poêle ou au four, en cuisson douce, elle conserve son moelleux.

Elle trouve aussi sa place dans des plats plus traditionnels : “On peut la faire poêler et la mettre ensuite en saucisse-lentilles.” précise Enzo Moreira. Une polyvalence qui participe à son succès, entre cuisine du quotidien et repas convivial.

Toulouse – Bègles : une rivalité jusque dans l’assiette

Impossible d’évoquer la saucisse bèglaise sans parler du clin d’œil appuyé à la saucisse de Toulouse. Une référence directe, assumée… et légèrement taquine.

Sur l’étiquette, le nom “Toulouse” est rayé, remplacé par “bèglaise”, accompagné du logo de l’UBB. Une manière de revendiquer l’ancrage local tout en jouant avec la rivalité sportive. “Parfois, les Toulousains ont un peu la grosse tête”, glisse Enzo avec le sourire, ravi de la récente victoire de l’UBB en quart de finale de Champions Cup face au Stade Toulousain.

Une rivalité qui dépasse le simple symbole, puisque la boucherie est aussi devenue un lieu de passage pour les acteurs du club bordelo-bèglais. Des joueurs comme Damian Penaud ou Louis Bielle-Biarrey font régulièrement un détour, tout comme des membres du staff, du coach au kiné. Une proximité qui renforce encore le lien entre le produit et l’UBB.

Dans la boutique, les clients prennent des photos, commentent, débattent. “Il y a un engouement, quelque chose autour de la saucisse bèglaise.” Comme si, le temps d’un barbecue, le match continuait dans les assiettes.

Enzo Moreira, un retour aux sources

Derrière cette création, il y a aussi une histoire personnelle. Celle d’un jeune artisan revenu là où tout a commencé. “C’est ici que j’ai commencé à 15 ans, en apprentissage, pendant quatre ans.” Après un premier passage aux côtés de son papa, puis une parenthèse lorsque la boutique change de mains, Enzo Moreira revient à 23 ans pour reprendre l’affaire. Il relance ainsi la boucherie Moreira, 3 cours Victor Hugo à Bègles. Et comme par hasard… non loin du stade d’entraînement de l’UBB, le stade André Moga.

Un retour presque évident, chargé de souvenirs et de savoir-faire acquis sur le terrain. Installé depuis un an et sept mois, il redonne vie à la boucherie avec une approche simple : qualité, proximité… et une pointe de créativité.

Enzo Moreira, boucher-charcutier à Bègles posant à côté du maillot de l'UBB
Enzo Moreira, boucher-charcutier à Bègles posant à côté du maillot de l’UBB (C) FF

Aujourd’hui, entre tradition charcutière et passion du rugby, la saucisse bèglaise incarne parfaitement cet esprit : un produit local, sincère, qui raconte une histoire et fédère bien au-delà du comptoir.

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