5ème édition du Championnat du Monde de saucisse catalane à Toulouges qui sacre la boucherie-charcuterie Chez Arnaud à Le Soler. Ce concours organisé par le Catalan Saucisse Club, au parc de Clairfont à Toulouges (66), se déroulait dans le cadre du Saucisse Club Festival. Ce dimanche 24 mai 2026, ils étaient 12 finalistes pour cette compétition après une sélection réalisée début avril par le jury du concours.
Arnaud Metz enfin sacré
Après plusieurs années à courir derrière le titre, il l’a enfin décroché. Artisan boucher-charcutier à Le Soler, Arnaud Metz est devenu champion du monde de saucisse catalane. Une récompense pour cet artisan passionné qui travaille sa recette au gramme près… et parfois jusqu’au milieu de la nuit.
Une victoire construite dans les détails
Pour cette édition 2026, Arnaud Metz n’a presque rien révolutionné. Il a surtout peaufiné. « Ça fait cinq ans qu’on essaie de l’avoir », raconte-t-il avec émotion après l’annonce du palmarès. Déjà deuxième en 2025, sa boucherie “Chez Arnaud” avait frôlé le sacre (vice-champion) avant de finalement monter sur la plus haute marche cette année.
Pour faire la différence, l’artisan a repris chaque détail de sa recette. Moins de sel, un poivre mieux dosé, un hachage plus précis. « On a écouté les pros », explique-t-il. Dans ce championnat où le goût compte pour 40 % de la note finale, chaque nuance peut faire basculer un podium.

Sa saucisse championne repose notamment sur un subtil équilibre entre deux poivres. Un poivre noir concassé pour l’attaque en bouche et un poivre blanc qui “reste vraiment en longueur” pendant la dégustation. « La saucisse catalane, il faut qu’elle soit relevée, mais pas trop non plus, parce qu’après on n’a plus ce goût de viande », résume-t-il.
Une recette fidèle au terroir catalan
Pour sa saucisse catalane, Arnaud Metz travaille deux races porcines locales : le Pyrénéus, plus maigre, et surtout le Tirabuixo, plus gras et emblématique du territoire catalan. « 80 % c’est du Tirabuixo quand même », précise-t-il. Autre particularité : il n’utilise que de l’échine.
Cette quête de simplicité et de qualité tranche avec les recettes d’autrefois. « Mon papa mettait trop de sel, trop de gras, trop de poivre… Maintenant les gens font attention », sourit-il.
Une histoire de transmission familiale
Si Arnaud Metz est aujourd’hui champion du monde, son histoire avec la boucherie commence bien avant son installation au Soler. Son père travaillait déjà dans le métier, même s’il lui répétait souvent : « Ne fais pas ce métier, c’est un métier de fou. »
Le conseil n’aura pas suffi à détourner le fils de sa passion. Après une première boutique à Perpignan, il reprend il y a près de 18 ans la boucherie dans laquelle il avait appris le métier. « J’ai racheté la boutique à mon patron. La boucle est bouclée quelque part », raconte-t-il. Et le symbole est fort : c’est justement dans cette boutique de Le Soler qu’il devient champion du monde.

Même la préparation de la saucisse gagnante raconte le quotidien intense des artisans charcutiers. Prévue depuis plusieurs jours, elle sera finalement fabriquée… à minuit, entre deux journées de travail. « Tous les jours je disais que je la ferais demain », sourit-il. Une saucisse préparée deux jours avant la dégustation finale, juste le temps nécessaire “pour qu’elle pose un peu”.
Le Solerien Arnaud Metz a reçu son trophée des mains du président du jury, Christian Ségui. Différentes personnalités dans ce jury dont le champion 2022, Thibault Gonzales.

Podium 2026 du concours
Le palmarès complet de l’édition 2026 du Championnat du monde de saucisse catalane :
- Chez Arnaud – Le Soler remporte le titre en cette année 2026 avec la note de 91/100
- Boucherie Capalita – Prades, deuxième place. Cette saucisse a été notée 87/100
- Can Raynal – Ponteilla, complète ce podium avec la note de 82/100
Prix spécial de la saucisse la plus catalane pour AM Boucherie – Perpignan.
Les saucisses sont notées sur 100. La dégustation se fait à l’aveugle, les saucisses sont anonymisées en étant présentées avec un numéro.
L’avis de Christian Ségui, le président du jury
Pour ce Championnat du monde de la saucisse catalane, le constat est clair : le niveau n’a jamais été aussi élevé. Christian Segui, président du jury, parle même d’un concours où « le niveau est monté d’un cran ». Selon lui, les candidats ne se contentent plus de fabriquer une bonne saucisse : ils travaillent désormais chaque détail avec précision, du choix du porc jusqu’à l’assaisonnement final.
Une tendance s’est particulièrement démarquée : la mise en valeur du cochon local, notamment le tirabuixo, élevé dans les montagnes catalanes. Pour Christian Segui, cette évolution montre que les artisans cherchent avant tout à respecter et sublimer cette saucisse emblématique du Roussillon. « Aujourd’hui on sent une maîtrise des assaisonnements », explique-t-il, en insistant sur l’importance du sel et surtout du poivre, élément central de la saucisse catalane traditionnelle. Le vainqueur, Arnaud Metz, lui a même confié avoir utilisé deux poivres différents dans sa recette.

Pour le jury, la différence s’est jouée dans les moindres détails. Entre les deux premiers, seuls trois ou quatre points d’écart ont fait la différence sur une note finale sur 100. Christian Segui insiste sur le fait qu’il n’y avait « pas de mauvaise saucisse » dans cette édition 2026. Selon lui, même les produits classés derrière les premiers restent d’excellente qualité. « Si on m’invite chez un ami et qu’il me sert la saucisse arrivée sixième, je passe une bonne soirée », sourit-il.
Mais dans le très haut niveau, certains éléments permettent immédiatement d’identifier un potentiel gagnant : la qualité de la viande, le hachage, l’embossage, l’équilibre des saveurs ou encore la précision des assaisonnements. « Pour le gagnant, on sent qu’il y a une différence à tous les niveaux », résume le président du jury, convaincu que ce concours devient aussi une vitrine du savoir-faire artisanal catalan.

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